Le DHTA et la recherche

, par Ingrid Pichon

Outre l’activité individuelle de ses enseignants–chercheurs (voir les pages personnelles sur le site, rubrique Enseignants), qui permet aux étudiants de l’ENS ou d’autres institutions de s’inscrire en Master ou en thèse sous la direction de plusieurs d’entre eux (le DHTA compte 5 enseignants habilités à diriger des recherches), le Département d’Histoire et Théorie des Arts est lié à des équipes de recherche spécifiques : LabEx, Unités mixes de recherche (UMR, ENS/ CNRS)et équipes d’accueil (EA).

 

Sous la triple tutelle du CNRS, de l’Université de la Sorbonne nouvelle (Paris 3), et de l’ENS, l’Unité mixte THALIM (Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité, UMR 7172 - www.thalim.cnrs.fr), dirigée par Alain Schaffner (Paris 3) et Sarga Moussa (CNRS) conduit des recherches esthétiques et historiques sur les arts visuels, arts du spectacle, littérature.
L’originalité réside dans la conjonction des facteurs suivants : la réflexion part des œuvres et actes esthétiques concrets, pris dans leur historicité (sociale, technique, institutionnelle) ; la recherche se concentre sur la période moderne (XIXe-XXIe siècles) ; l’approche est internationale et interdisciplinaire et fait même des phénomènes de circulation (entre arts, entre cultures, entre langues) l’un de ses objets privilégiés. THALIM comprend actuellement 53 membres statutaires (dont Anne-Françoise Benhamou, Jean-Loup Bourget, Antoine de Baecque et Françoise Zamour, DHTA), de nombreux membres associés (enseignants-chercheurs et docteurs) en France et à l’étranger, et environ 180 doctorants. Elle fédère deux équipes : Ecritures de la modernité, tournée vers la littérature moderne et contemporaine, et ARIAS, qui consacre ses travaux à l’intermédialité, principalement dans le champ des arts du spectacle (études cinématographiques et théâtrales) selon trois pôles : « Approches inter-arts », « Histoire technique et histoire institutionnelle des arts », « Transferts culturels ». Les deux composantes de THALIM conservent leur dynamique propre (notamment pour ARIAS celle de l’engagement dans le LabEx TransferS) tout en développant des projets conjugués et des axes communs de recherche.

Les séminaires dispensés par les chercheurs et enseignants chercheurs de THALIM peuvent être validés dans le cadre du DENS sous réserve de l’accord du tuteur/de la tutrice. L’offre de séminaires est consultable en ligne à l’adresse : http://www.thalim.cnrs.fr/

 L’IHMC, Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine, UMR 8066 CNRS-ENS (www.ihmc.ens.fr) est lié au Département d’histoire, mais son domaine de recherche couvre aussi l’histoire de l’art, sur longue période, pour les époques moderne et contemporaine. Ses activités scientifiques et pédagogiques sont orientées vers une enquête sur les sociétés et cultures européennes des XVIe au XXe siècle dans une perspective comparative, transnationale et de longue période. Quatre grands axes structurent la recherche dans ce laboratoire riche d’environ 80 doctorants : Savoirs, bien culturels et informations ; Réformes, révolutions et formes du religieux et du politique ; échanges, circulations et résolution des conflits ; Guerre, sociétés et contrôles. Deux chercheuses, au croisement entre l’histoire et l’histoire de l’art, appartiennent à cette équipe et proposent des séminaires dans le cadre du DHTA : Charlotte Guichard, spécialiste du XVIIIe siècle, habilitée à diriger des recherches, et Michela Passini, spécialiste de l’historiographie de l’histoire de l’art et d’histoire transnationale des patrimoines.

 Toujours en histoire de l’art, le projet ARTL@S (www.artlas.ens.fr), dirigé par Béatrice Joyeux-Prunel (ENS), propose dans le cadre de l’IHMC une approche sociale et transnationale des espaces et des circulations artistiques entre 1800 et 2000. Artl@s forme les étudiants aux problématiques postcoloniales et décoloniales, comme à celles de l’histoire transnationale et connectée, et de la global art history, tout en les accompagnant dans l’apprentissage des méthodologies numériques (statistiques, bases de données, cartographie). Le groupe travaille en collaboration étroite avec plusieurs équipes universitaires et muséales : Purdue University aux Etats-Unis (Catherine Dossin), l’université de São Paulo (Ana Paula Cavalcanti Simioni), le projet Mode(S) de l’université de Barcelone (Paula Barreiro-Lopez), l’Institut für Kunstgeschichte de l’université de Vienne (Raphaël Rosenberg) ; ainsi que la fondation Giacometti, le musée Picasso et le Virtual Asian American Art Museum de New York University (Alexandra Chang). ARTL@S développe en effet pour ces projets un répertoire numérique de catalogues d’expositions (XIXe-XXe siècles), branché sur une interface de cartographie historique et d’analyse statistique. Le groupe publie Artlas Bulletin, revue internationale en ligne à comité de lecture et multilingue, destinée à valoriser des travaux d’excellence sur des questions transnationales, cartographiques et spatiales en histoire de l’art, généralement peu représentés dans les revues scientifiques de la discipline.

Après quatre années focalisées sur les circulations artistiques transnationales et leur traçabilité (2012-2013 les « Périphéries », 2013-2014 l’Amérique latine, 2014-2015 l’Afrique et 2015-2016 les pays arabes), le groupe a entamé une étude des circulations artistiques dans les biennales, de la première Biennale de Venise (1895) aux biennales des années 1990. L’étude s’adosse sur une collecte systématique de catalogues, analysés selon des perspectives aussi bien artistique et esthétique que sociologique, transnationale et économique, avant de recourir à des sources plus traditionnelles (œuvres, fonds d’archives, revues de presse, sources publiées).

Également dirigé par Béatrice Joyeux-Prunel, le projet PostDigital (www.postdigital.ens.fr), ouvert en 2016 au DHTA, en équipe avec le plasticien Grégory Chatonsky, postdoc financé par le Fonds national de Recherche du Québec, et en partenariat avec l’École des Beaux-Arts (Vincent Rioux, pôle numérique). PostDigital invite les chercheurs, jeunes et plus experts, en sciences humaines ou en sciences « dures », à s’interroger en compagnie d’artistes et de praticiens du numérique sur ce que le digital fait à l’époque contemporaine. Après une année sur la question du temps, une sur l’intelligence artificielle, puis une sur « l’imagination artificielle », le groupe a préparé en 2018-2019 un colloque conclusif auquel les étudiants étaient invités.

Enfin, le DHTA est au cœur du partenariat qui a abouti à la création d’un troisième cycle de recherche innovant, associant artistes d’une part, théoriciens d’autre part : le doctorat SACRe (Sciences Arts Création Recherche), qui résulte de la coopération, au sein de PSL (Université de recherche Paris Sciences et Lettres) de l’ENS (École doctorale pluridisciplinaire 540, Directrice Sophie Roux) et des écoles d’art suivantes : Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Conservatoire national supérieur de danse et de musique, École nationale supérieure des arts décoratifs, École nationale supérieure des beaux-arts, et la Fémis (école nationale supérieure du cinéma et de l’audiovisuel). SACRe est ouvert à des étudiants théoriciens (philosophes, historiens de l’art, cognitivistes, doctorants venus des sciences « exactes ») dont la recherche engage nécessairement une proximité avec le monde de l’art vivant. En 2016-2017, 14 étudiants théoriciens sont inscrits via l’ENS dans le doctorat SACRe). Nadeije Laneyrie-Dagen a participé à la création de SACRe et de l’EA 7410, qu’elle a dirigés jusqu’en mars 2016. A son initiative se trouve développé, dans le cadre de l’EA et surtout du « programme structurant » PSL « Sciences Arts Cognition » dirigé par Jean-Marie Schaeffer (EHESS), l’axe de recherche Aging and Arts consacré aux rapports entre l’âge et la création. Ce programme a donné lieu aux journées d’études Alzheimer muséum les 20 et 21 mars 2015, journées organisées avec le soutien de l’Institut Remarque de New York University (voir plus bas) ; il a abouti en 2017 à un colloque « Qu’est-ce que l’âge fait à la création », organisé en coopération avec l’Ensab et le Musée national Picasso (novembre, Paris et Venise) ; et en 2018 à une « école d’été » à Marseille, qui en a diversifié le thème : « Les âge et les arts ». 

Du point de vue international, le DHTA a signé, avec le département d’histoire, un contrat de partenariat avec le Remarque Institute de New York University (http://remarque.as.nyu.edu/page/home). Ce partenariat permet à des doctorants anciens normaliens ou inscrits dans l’ED 540 (en 2018 : Marcelline Delbecq, Jennifer Douzenel) et à des enseignants-chercheurs liés à l’ENS, d’effectuer dans cet institut des séjours de recherches. L’ENS accueille de jeunes chercheurs et des chercheurs seniors de NYU, des journées partenariales sont alors organisées.

Il participe par ailleurs depuis sa fonction, à laquelle l’ENS a largement contribuée, au Réseau international de formation en histoire de l’art (http://www.proartibus.net), qui propose chaque année et en 2020 pour la 18ème édition, une « Ecole de printemps en histoire de l’art ».