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Programme détaillé

séminaire dirigé par Daniel Ferrer et François Thomas

saison 2014-2015

 
Le séminaire a lieu le mercredi de 17 heures à 19 heures à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, en salle Simone-Weil.
À l’exception de celle du 5 novembre, les séances sont précédées d’une projection à 15 heures dans la même salle.


5 novembre 2014
Daniel Ferrer (Item / CNRS) et François Thomas (université Sorbonne Nouvelle) : « Genèses cinématographiques : onzième année ».

Daniel Ferrer et François Thomas rappelleront les caractéristiques de la génétique filmique, la replaceront dans le cadre théorique de la critique génétique et indiqueront ses spécificités, en insistant sur la diversité des traces qu’elle doit savoir analyser, allant des données juridiques et économiques aux données techniques les plus savantes. Ils feront le point sur l’évolution de la discipline au cours de ces dernières années et présenteront la saison 2014-2015 du séminaire.

 
3 décembre 2014
Adrien Gaillard et Julien Meyer (Lausanne) : « Claude Autant-Lara et le tandem Aurenche et Bost : la création collaborative du scénario dans le cinéma français d’après guerre ».

Dans l’après-Seconde Guerre mondiale, l’industrie du cinéma français doit plus que jamais faire face à la concurrence internationale et plus spécifiquement américaine, en raison notamment des accords Blum-Byrnes. Pour pallier ces difficultés, les producteurs multiplient les commandes de scénarios et les tournages. Cette augmentation de la productivité s’accompagne très vite d’une réflexion sur une spécificité et une qualité françaises, en même temps que se met progressivement en place le système des aides à la création. Adrien Gaillard et Julien Meyer se pencheront sur l’incidence des paradigmes de la qualité et de la productivité dans la genèse collaborative du scénario, ainsi que sur les problèmes méthodologiques que cette incidence implique. Leurs analyses porteront sur les documents génétiques issus de la collaboration entre Claude Autant-Lara et les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost pour Occupe-toi d’Amélie (1949), Le Rouge et le Noir (1954) et La Traversée de Paris (1956).

 
7 janvier 2015
François Thomas (université Sorbonne Nouvelle) : « Blutch, Isabelle Merlet et les jardins dessinés d’Aimer, Boire et Chanter d’Alain Resnais ».

Comment adapter sans lassitude une pièce de théâtre anglaise dont l’action, située dans quatre jardins, alterne une quarantaine de fois d’un coin de décor à l’autre au moyen de bascules de lumière ? Pour ses transitions entre séquences, Alain Resnais a commandé des dessins représentant les jardins à l’auteur de bandes dessinées Blutch, affichiste de ses films précédents Les Herbes folles et Vous n’avez encore rien vu. À l’aide de documents confiés par Blutch et sa coloriste Isabelle Merlet, François Thomas retracera la genèse de ces dessins, leur mise en couleur et leur utilisation dans le montage, en évoquant aussi la part de responsabilité du réalisateur, du décorateur et du monteur dans certains choix.

 
4 février 2015
Antoine de Baecque (ENS) : « Éric Rohmer écrivain : une archéologie littéraire des Contes moraux ».

En 1949, Maurice Schérer / Éric Rohmer dépose chez Gallimard un recueil de nouvelles, Contes moraux, que l’éditeur refusera. À défaut d’une carrière littéraire, Rohmer prolongera la littérature par le cinéma. La Carrière de Suzanne, La Collectionneuse, Ma nuit chez Maud, Le Genou de Claire : la plupart des scénarios qu’il tournera entre le début des années 60 et le début des années 70 ont été écrits sous forme de nouvelles quinze à vingt-cinq ans avant d’être portés à l’écran, ce qui confère une « profondeur littéraire », une cohérence génétique à ces Contes moraux comme il en existe peu d’exemples au cinéma. Jamais avant Rohmer un tel genre de séries n’avait vu le jour au cinéma, et cela n’a été rendu possible que par la puissance matricielle de la littérature, modelant et remodelant, même à distance, le matériau du cinéma rohmérien.

 
4 mars 2015
Olivier Curchod (professeur de lettres classiques en classe préparatoire, lycée Claude-Monet) : « Au clavier de L’Effrontée : deux, quatre, huit ou dix mains ? »

Le plus grand succès public de Claude Miller, L’Effrontée (1985), a connu une gestation scénaristique à de multiples mains, dont celles d’une romancière américaine imprudemment cambriolée, entraînant à la sortie du film une méchante polémique en accusation de plagiat et la reconstruction après coup de la genèse par les auteurs incriminés. Trente ans après, retour dépassionné sur un atelier d’écriture et sur les aventures journalistiques et juridiques d’un film glorifié et meurtri.

 
1er avril 2015
Gaspard Delon (université Paris Diderot) : « Entre formatage industriel et créativité : les logiciels de simulation de foule dans les scènes de bataille rangée des films hollywoodiens contemporains. »

L’utilisation de programmes de simulation de foule pour la création et l’animation d’armées numériques a joué un rôle croissant dans les grandes scènes épiques des blockbusters des années 1990 et 2000. Le développement de ces logiciels (Massive, Alice, React), commercialisés par des sociétés d’effets visuels concurrentes, accompagne étroitement la réalisation de scènes de bataille qui se livrent à une surenchère quantitative et qualitative : celles par exemple du Seigneur des anneaux : la communauté de l’Anneau (Peter Jackson), du Dernier Samouraï (Edward Zwick) ou d’Alexandre (Oliver Stone). Ces morceaux de bravoure posent la question de la cohérence des choix artistiques présidant à leur élaboration et mettent en lumière les rapports entre formatage industriel et créativité : si les options de mise en scène y sont fortement liées aux contraintes imposées par la technique, l’évolution de cette dernière est elle-même conditionnée par les ambitions narratives et esthétiques des séquences considérées.

 
6 mai 2015
Ada Ackerman (CNRS/Arias) : « La fabrique des images de Yuri Norstein ».

À l’instar des différentes couches de celluloïd qui se superposent pour donner naissance aux dessins animés de Yuri Norstein, de multiples références picturales sont convoquées par ce dernier pour concevoir ses plans un à un, sur le mode du palimpseste. Il s’agira donc d’observer comment Norstein fabrique son imagerie filmique en recyclant une iconographie extrêmement variée, dans un dialogue soutenu avec l’histoire de l’art. On tentera ainsi d’éclairer les processus créatifs du travail de Norstein.

 

Présentation du séminaire (et programme des années précédentes) :
http://www.item.ens.fr/index.php?id=141

Bibliographie indicative : cliquer ici

Sujets de dossiers : cliquer ici

Contacts :
daniel.ferrer (AT) ens.fr
fthomas (AT) univ-paris3.fr

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