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Aging and Arts

Un programme à la croisée des disciplines

AGING AND ARTS est un programme pluridisciplinaire développé au sein de l’université de recherche Paris Sciences et Lettres dans le laboratoire SACRe (Sciences, arts, Création, Recherche). Il est mené par les membres de ce laboratoire, qui appartiennent pour la majorité d’entre eux aux Écoles d’art de PSL (CNSAD, CNSMDP, Ensba, EnsAD, Femis), avec la contribution essentielle de personnes extérieures à PSL : des experts de différentes disciplines, y compris étrangers, et des professionnels de la Culture, qui peuvent avoir dans le laboratoire et sur ce projet le statut de « membres associés », s’ils le désirent. Le projet est supervisé par Nadeije LANEYRIE-DAGEN, Professeure d’histoire de l’art à l’École Normale supérieure. Il bénéficie du soutien de l’Institut Remarque de New York University. AGING AND ARTS est destiné à réunir, sur trois années, des médecins, psychologues, cognitivistes, sociologues, des professionnels et experts du monde des musées et autres institutions culturelles, des historiens d’art, du cinéma, du théâtre, et encore des artistes, musiciens, artistes, cinéastes, artistes dramatiques… autour d’un thème unique : « aging », soit le fait de « prendre de l’âge ». Nous avons préféré le terme anglo-saxon pour sa forme grammaticale dynamique, alors que les ressources du lexique français, « vieillesse / troisième / quatrième / ou grand âge », isolent de façon péremptoire et définitive un moment naturel de la vie.

Le projet AGING AND ARTS se développe selon trois axes.

Axe 1 : La place des arts dans la vie des personnes âgées. Ce premier axe est inauguré en mars 2014 avec les journées d’études Alzheimer@museum (dont le programme est en ligne ici).

Axe 2  : Vieillir et créer : qu’est-ce que l’âge fait à la création ? Ce deuxième axe sera inauguré au printemps 2016, par un colloque convoquant les différentes disciplines artistiques.

Axe 3 : L’image des « vieux » renvoyée par les arts Ce troisième axe sera inauguré par un colloque en 2017, convoquant les différents arts, centré sur le présent, mais qui ne se limitera pas au monde occidental et ménagera une place à des comparaisons concernant d’autres époques.

Axe 1 : La place des arts dans la vie des personnes âgées

L’enjeu : il s’agit d’examiner la place que peuvent tenir les arts dans la vie des personnes atteintes d’Alzheimer, étant entendu que cette maladie, si elle touche une minorité de patients « jeunes », concerne une part considérable et croissante de personnes âgées (en France, peut-être 2 millions en 2020 – source Inserm). Ces personnes souffrent d’un déficit de mémoire et de troubles du comportement qui s’aggravent à mesure que la maladie progresse. Souvent, les patients qui reçoivent le diagnostic de la maladie s’enfoncent dans la dépression. Leur vie sociale tarit, comme le sentiment d’estime qu’ils se portent à eux-mêmes. L’entourage change de rôle ou de statut : conjoint, enfant… deviennent des « aidants familiaux », relation péri-médicale qui transforme et fausse les relations initiales avec celui qui n’est plus qu’un « malade ». Mobiliser la capacité émotionnelle des personnes en situation d’Alzheimer ; créer des moments de plaisir ; susciter des situations qui favorisent re-sociabilisation et la ré-appréciation personnelle ; permettre, peut-être, qu’une expérience externe à la maladie soit partagée entre le malade et l’ « aidant » (si cet aidant est un proche) : ce sont là les bénéfices espérés d’actions qui consistent à : - 1. Amener des personnes en situation de démence sénile au musée ou dans d’autres lieux culturels ; - 2. Les inciter à pratiquer des activités artistiques.

Le workshop Alzheimer@museum.
La première rencontre d’Aging and Arts concerne ce qu’on appelle la « réception » et non la pratique artistique. Cette dernière sera traitée dans une seconde rencontre, en 2016. Il s’agit dans ce premier temps principalement des arts plastiques (visual arts). Les autres disciplines (musique, théâtre, danse) seront impliquées en 2016, lors de la seconde rencontre. L’idée de conduire des groupes de patients dans les musées n’est pas neuve. Elle a pour précédent l’expérience menée par le Museum of Modern Art de New York, The MoMA Alzheimer’s project : Making art accessible to people with dementia, projet soutenu par la fondation Metlife et qui a pris fin en juin 2014. (http://www.moma.org/meetme/index). À la suite de cette expérience, de nombreuses institutions muséales dans le monde ont entrepris de recevoir des malades. Il en va ainsi en France, avec des projets anciens (le programme CALMAN à Nice, Culture, Arts et Loisirs pour les malades d’Alzheimer), plus récents (la Cité de la Musique), en cours (Musée du Louvre, Musée national d’art moderne), en développement (musée Picasso), ou en réflexion (Musée Marmottan). L’objet des rencontres de mars est de faire se rencontrer des spécialistes et des professionnels des musées responsables de l’accueil des publics empêchés, et de donner à leur réunion un caractère libre. n’est donc pas l’organisation de groupes de patients. Il ne s’agit surtout pas de préconiser une méthodologie pour l’accueil de ces groupes. Et encore moins de dresser un bilan d’une expérience encore neuve dans notre pays. Après mars, l’objet du projet Alzheimer@museum est l’accompagnement évaluatif des groupes.

Voir le programme de ces journées ici.

Nous attendons des journées des 20 et 21 mars, et en particulier de la table ronde du dernier jour, un commencement de réponses concernant :

  • les questions qui devront être posées lors de cette évaluation : prendra-t-on en compte le bénéfice du seul patient ? celui du soignant familial le cas échéant ? comment évaluera-t-on l’impact pour le musée ?
  • les méthodes : questionnaire, et alors quelles questions poser, quelle longueur ? compte-rendu d’observation extérieur ? ou autre ?
  • la figure du / des évaluateurs : missions personnelles par musée ? doctorants ou post-doctorants synthétisant les données apportées par les différents groupes autrement dit les différents musées ? évaluateurs spécialisés d’une part sur l’évaluation psycho-sociale (bénéfice pour les patients) et d’autre part sur qui concerne le musée (changement d’image, impact sur les méthodologies de médiation…)

Mettre en place un cycle de visites lié à une évaluation implique des moyens financiers qui ne sont pas forcément inaccessibles. Le but d’Alzheimer@museum est de construire une recherche qui permette l’accompagnement évaluatif de ces visites, et d’en trouver le financement. De nouveau, il ne s’agira pas de discriminer entre tel et tel projet, mais de rassembler un ensemble de données aussi objectives que possible et significatives numériquement, permettant de déterminer l’impact des visites mises en place, pour les patients et pour les institutions.

Au terme de ces journées, organisées grâce au mécénat du Remarque Institute, les institutions et les personnes qui en sont d’accord s’associeront pour monter un dossier partenarial. La recherche de fonds se fera auprès de l’université de recherches PSL en premier lieu, dans le cadre des demandes budgétaires « ordinaires » et extraordinaires (réponse à un appel à projet) de l’équipe d’accueil SACRe. Elle sera conduite au niveau national, dans les institutions publiques européennes, et auprès des fondations. Nadeije Laneyrie-Dagen se chargera de constituer ce dossier, en fédérant les demandes et avis des experts et partenaires.

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