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Genèses cinématographiques

Nouvelle salle pour 2016-2017 : 29 rue d’Ulm, salle 235 C.

Séminaire animé par Daniel Ferrer et François Thomas.

Le séminaire a lieu le mercredi de 17 heures à 19 heures. Les séances sont précédées d’une projection à 15 heures dans la même salle.


1er février 2017
Daniel FERRER (Item / CNRS) et François THOMAS (Sorbonne Nouvelle) : « Genèses cinématographiques : quatorzième année »

Les animateurs du séminaire rappelleront les caractéristiques de la génétique filmique, la replaceront dans le cadre théorique de la critique génétique et indiqueront ses spécificités, en insistant sur la diversité des traces qu’elle doit savoir analyser, allant des données juridiques et économiques aux données techniques les plus savantes. Ils feront le point sur l’évolution de la discipline au cours de ces dernières années et présenteront la saison 2016-2017 du séminaire.


8 février 2017 Réjane HAMUS-VALLÉE (université d’Évry – Val-d’Essonne) : « Les effets spéciaux du Dernier Loup de Jean-Jacques Annaud : l’entrelacement des choix techniques, esthétiques et économiques »

À partir de documents de travail, d’entretiens avec les techniciens du film et de l’analyse du making of et des traces qu’il contient, Réjane Hamus-Vallée montrera comment les effets spéciaux du Dernier Loup de Jean-Jacques Annaud (2015) se sont graduellement décidés avant d’être mis en images et en sons. Comment les critères esthétiques, techniques et économiques se sont-ils croisés, avec quel impact sur le résultat ? Les effets spéciaux se trouvent à la rencontre de quasiment toutes les équipes d’un film, et il s’agira aussi d’étudier les interactions entre le superviseur des effets visuels, son équipe et le reste des techniciens (son, image, costumes, accessoires, décor…), pour mieux mettre en perspective les choix effectués.


22 février 2017
François THOMAS (université Sorbonne Nouvelle) : « Genèse musicale : Alain Resnais et Mark Snow »

Un des aspects les plus rarement abordés de la genèse d’un film est sa partition musicale. Il est exceptionnel que nous disposions des esquisses du compositeur, de sa partition autographe, des partitions destinées aux interprètes et autres documents. Comment faire même, dans le cas de Cœurs, Les Herbes folles, Vous n’avez encore rien vu et Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais, quand la partition n’existe pas puisque le compositeur Mark Snow écrit au synthétiseur ? François Thomas pourra néanmoins aborder la place de la musique dans le processus créatif de ces films : les mentions de la musique dans les scénarios, son rôle dans la mise en condition des comédiens et collaborateurs, la musique diffusée sur le plateau pendant les répétitions ou pendant les prises sans dialogue, les « morceaux témoins » placés temporairement au montage, et la différence entre la musique livrée par Snow et son utilisation dans le film terminé.


8 mars 2017
Élodie BOIN ZANCHI (Sorbonne Nouvelle) : « Raoul Ruiz et le feu d’artifice des Trois Couronnes du matelot »

Le long métrage qui a véritablement lancé la carrière de Raoul Ruiz, Les Trois Couronnes du matelot (1983), était au départ un téléfilm 16 mm produit par l’Institut national de l’audiovisuel dont rien ne pouvait laisser supposer qu’il bénéficierait d’une tel retentissement. À l’aide notamment des documents de production conservés à la Cinémathèque française et d’entretiens menés avec des collaborateurs du film, Élodie Boin Zanchi exposera le processus de création d’un cinéaste qui accueillait avec gourmandise les accidents de toute sorte. Elle fera un sort particulier aux trucages à la caméra, puisque Ruiz, plutôt qu’en postproduction, préférait tout régler sur le plateau avec ingéniosité : projection frontale et autres trucages au miroir semi-transparent, filtres polarisants Varicolor permettant de faire varier la couleur pendant la prise, « lentilles coupées » (trucage optique qui donne l’illusion d’une profondeur de champ déroutante qu’aucun objectif n’autorise) et bien d’autres.


22 mars 2017
Katalin PÓR (université de Lorraine) : « Jacques Deval à Hollywood : entre boulevard et antisoviétisme »

L’auteur de boulevard et scénariste français Jacques Deval, après un premier séjour à Hollywood de 1926 au début des années 1930, y retourne vers 1938 auréolé du succès de sa pièce Tovaritch, consacrée aux déboires de Russes blancs à Paris et qui vient d’être jouée pendant presque un an à Broadway. MGM fait participer Deval à l’écriture à plusieurs mains de comédies ou de comédies musicales abordant la révolution russe (Ninotchka d’Ernst Lubitsch au générique duquel il ne figure pas, Balalaïka de Reinhold Schunzel) ou une révolte dans la Louisiane du xviiie siècle (New Moon de Robert Z. Leonard). Peut-on déceler l’apport de Deval dans cette écriture collective ? Les moutures de scénarios et la correspondance consultées par Katalin Pór prouvent que le dramaturge a fortement pesé dans la mise en place à Hollywood d’une vision satirique très virulente de l’Union soviétique.


29 mars 2017
Pauline TUCOULET (université Panthéon Sorbonne) : « Dans le huis clos d’un van blindé : Mavi ring d’Ömer Leventoglu »

Dans Mavi ring (2013-2014), sur le transfert en van blindé d’un groupe de détenus politiques kurdes d’une prison à une autre, le réalisateur turco-kurde Ömer Leventoğlu peint les désirs et les frayeurs d’hommes face à l’autoritarisme militaire de la Turquie des années 1980. Sans adapter littéralement le roman homonyme de Fuat Kav dont Leventoğlu souhaitait corriger le message éthique, plusieurs mains coordonnées par le réalisateur ont pris la plume dans un petit bureau stambouliote pour procéder à l’écriture et à la production du film. Cette effervescence créative s’est prolongée sur les trois plateaux de tournage dans un studio de fortune (le van et les deux prisons), malgré l’interruption des prises de vues durant une année complète, puis pendant la postproduction, d’autant que coexistent deux montages distincts du film respectivement achevés en 2013 et 2014. Les acteurs et l’équipe technique se sont retrouvés pendant trois ans dans une situation voisine de celle des détenus dans leur van : une fois le projet de Leventoğlu lancé, il ne pouvait qu’aller au bout malgré les obstacles de toute sorte.


26 avril 2017
Bérénice BONHOMME (université de Toulouse – Jean-Jaurès, Esav) : « Persepolis, de la bande dessinée au film d’animation » Dans Persepolis, série de quatre bandes dessinées en noir et blanc à caractère autobiographique et historique publiée de 2000 à 2003, la scénariste et dessinatrice Marjane Satrapi retrace les étapes marquantes qui ont rythmé sa vie, de son enfance à Téhéran marquée par la révolution islamique jusqu’à son entrée difficile dans la vie adulte dans son pays, après quatre années passées en Autriche et avant son installation en France à l’âge de vingt-quatre ans. En 2005, Marjane Satrapi s’associe à Vincent Paronnaud, auteur de bande dessinée avec lequel elle partage son atelier, pour coréaliser une adaptation cinématographique de Persepolis. Le long métrage d’animation, lui aussi en noir et blanc, sort en 2007 et bénéficie d’un fort retentissement. À l’aide notamment de la consultation de documents préparatoires, Bérénice Bonhomme réfléchira au trajet de création singulier de cette œuvre, de la bande dessinée au cinéma, de la création personnelle et autobiographique à l’approche collective.

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