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Serge Daney, de l’écran à l’écrit (et inversement)

Prochaine séance le lundi 10 Avril de 18h à 20h : « Serge Daney et les souvenirs de films ».

Séminaire d’élève organisé par Claire Allouche (DHTA) et Pierre Eugène (Université Picardie-Jules Verne),
Du 16 janvier à début mai 2017.

Que vous connaissiez ou non Serge Daney, critique aux Cahiers du cinéma, puis à Libération avant de fonder la revue Trafic, importe peu : le (re)lire au présent consiste en une découverte permanente et foisonnante dangereusement addictive. Alors, autant que l’obsession de l’idée juste et du mot qu’il faut propres à l’auteur soit l’occasion d’un moment de lectures et d’échanges fédérateurs.
Lors du séminaire de l’année dernière, nous avons envisagé les dits et écrits de Serge Daney en cinq étapes thématiques : l’identité cinéphile avec Pierre Eugène, le mouvement comme mesure de l’écriture, le cinéma comme possible cartographie mondiale, l’éthique du zappeur avec Dork Zabunyan, la fondation de la revue Trafic avec Marcos Uzal.
Cette année, les séances du séminaire ont été proposées par les participants de la précédente édition et viseront à compléter notre connaissance de l’œuvre de Daney, à travers l’analyse de textes et la parole d’intervenants extérieurs qui ont travaillé ses écrits de près. Ce séminaire d’élèves est ouvert à tout/e/s, non spécialistes du cinéma inclus (il peut notamment intéresser les étudiants en philosophie, sociologie, anthropologie, histoire de l’art, théâtre...).

Contacts : claire.allouche@ens.fr et mail@pierre-eugene.com

Détail des séances

Sauf exception spécifiée, le séminaire aura chaque fois lieu en Salle Weil au 45, rue d’Ulm.

  • 16/01 de 17h à 20h : « Daney face à La Prise du pouvoir par Louis XIV de Rossellini : héritage et palinodie critique » par Pierre Eugène (Université Picardie-Jules Verne).

À partir de deux articles de Serge Daney (respectivement de 1967 et 1988), portant sur le même film télévisé de Rossellini, La Prise du pouvoir par Louis XIV (1966), il s’agira de déployer et d’explorer quelques traits propres à la pensée de Daney, différentes appréciations et appréhensions du cinéma qui, dans leur invariance et leur conservation différée ou au contraire leur mobilité et leurs retournements, révèlent ce qui en jeu dans l’acte critique : un rapport au présent et à la présence, mais lestés par l’histoire.

  • 30/01 de 18h à 20h : « Faire œuvre : les éditions des écrits de Serge Daney ». Dialogue animé par Pierre Eugène avec Patrice Rollet, membre du conseil de rédaction de la revue Trafic depuis sa fondation et responsable des quatre volumes de La Maison cinéma et le monde (éditions P.O.L).

Dans cette rencontre avec Patrice Rollet, ayant assuré la publication en plusieurs volumes de ses écrits, seront abordées des questions touchant à la singularité des publications de Serge Daney. Comment ce dernier, qui n’a pas publié d’ouvrage inédit, a-t-il conçu de son vivant ses recueils comme des espaces de relectures, pour lui et pour les autres ? Comment, en tant qu’éditeur, regrouper et organiser, de manière posthume, des textes éparpillés sur différents supports de publication pour les proposer à un public actuel ? Et plus fondamentalement : qu’est-ce que faire œuvre, quand on est critique de cinéma ?

  • 13/02 de 17h à 19h30 : « Daney et le maniérisme, ou ’la rivalité hystérico-affectueuse’ du cinéma et de la publicité » par Igor Krtolica (Université de Liège).

« Les rapports du cinéma et de la publicité étant devenus aussi étroits que ceux de l’œuf et de la poule, une seule question se pose : qui fait l’œuf, qui fait la poule ? On se la pose lorsqu’un lundi matin, aux aurores, on rencontre cette chose très oscarisée que fut Out of Africa (1985). […] Out of Africa appartient en effet à un véritable “genre” : le film-qui-fait-de-la-pub-pour-le-cinéma, genre oscarisable qui carbure au professionnalisme et au léché nostalgique. L’ennuyeux, c’est qu’à la télévision, ce genre ne tient pas. Ou plutôt, il retourne à sa case départ, c’est-à-dire à la publicité. On a dit tout cela. […] Il ne suffit plus de constater l’inceste entre film et spot, il faudrait se demander à partir de quel moment l’inceste fut consommé. Et surtout entreprendre la description du “comment c’est”, l’esthétique publicitaire, et à quoi ressemble le monde auquel la pub nous a introduits depuis longtemps. » (S.Daney, Devant la recrudescence des vols de sac à main [1988]).

  • 13/03 de 17h30 à 20h : « Serge Daney, écrits festivaliers » par Marc Nauleau (ESSEC) et Claire Allouche (DHTA, ENS / TES, EHESS).

"Car les festivals font voyager. On va voir loin de chez soi des films que les cinéastes ont réalisé loin de chez eux." écrivait Serge Daney en 1986. Cette séance vise à interroger la singularité des textes écrits au cours de ses périples festivaliers, autant à travers sa manière de constituer des réseaux de films qu’en mettant à l’épreuve l’exercice critique classique par des écrits portant l’empreinte des lieux et du public de festival.

  • 27/03 de 17h à 19h30 : « Daney vu par le Japon » par Hiroki Kubo (Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3).

Comment Daney et les Cahiers du cinéma ont été reçus au Japon ? Qu’en reste-il aujourd’hui ?

  • 10/04 de 18h à 20h : « Serge Daney et les souvenirs de films » par Chloé Galibert-Laîné (ENS/SACRE).

Le critique de cinéma écrit toujours à partir de ses souvenirs immédiats : au sortir du film ou quelques jours plus tard, il « repasse en visible » ce qui s’est inscrit en lui, pendant la projection, « à l’encre sympathique ». Puis au fil des années, certains films insistent ; ils produisent des « effets à retardement », se révèlent soudain sous un jour nouveau, et en s’inscrivant dans le corps du critique, « se métamorphosent ». De ce devenir des films dans la mémoire de leurs spectateurs, peu d’auteurs ont témoigné aussi attentivement que Serge Daney ; en s’appuyant sur plusieurs de ses textes, cette séance proposera une réflexion sur le rôle de la mémoire des films – avec ce qu’elle a d’intime, de subjectif, d’inattendu, parfois de très injuste – dans l’écriture critique.

  • 15/05 de 18h à 20h en Salle Celan : « Performativité du discours : le ciné-fils » par Arthur Eskenazi (ENSBA).

Grand orateur et monologueur hors pair, c’est grâce à cette faculté que possède Serge Daney de s’abandonner à l’expérience de la parole qu’il va bâtir, dans la langue et le discours, son personnage qui lui servira d’alter-égo testamentaire : le ciné-fils. C’est le début de la performance : l’adresse d’un geste, dont on a pleine conscience.

  • 22/05 de 18h à 19h30 : « Programmer Daney » par Eva Markovits, programmatrice (La Cinémathèque Française, Centre Georges Pompidou, Festival de Brive).

En 2012, 20 ans après sa mort, une rétrospective Serge Daney est organisée à la Cinémathèque française. Une question se pose : comment programmer Daney ?

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