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Colloque CORPS SOUFFRANT ET VIOLENCE THEATRALE

La première journée de ce colloque portera sur "Le corps souffrant sur la scène contemporaine" et se déroulera le vendredi 3 avril 2009 àl’ENS Ulm, salle Dussane, de 10h à18h30.

La deuxième journée sera consacrée au thème "Textes, corps souffrants et histoire immédiate sur les scènes italiennes et françaises aux XVIe et XVIIe siècles". Elle se déroulera le samedi 4 avril 2009 àl’INHA, salle Vasari.

Dans nos sociétés, le corps de chacun est soumis au double contrôle de soi et de la collectivité qui, à travers les institutions médicales, policières et juridiques, tend à préserver l’intégrité physique du sujet. Le rapport de chacun à son propre corps et à celui des autres est codifié par des normes qui bannissent l’usage de la violence quand elle paraît contrevenir à la sensibilité commune. Or, ce phénomène se traduit en négatif dans un certain nombre de spectacles où la violence et la souffrance corporelle sont exhibées comme à dessein de transgresser ces normes. S’il relève de questionnements présents, ce dolorisme ne s’inscrit pas moins dans l’histoire du théâtre et les arts de la scène, dans la mesure où la maladie, la guerre, le martyre ont fait partie, sinon du quotidien, du moins de l’imaginaire des auteurs dramatiques et de leurs contemporains. S’il est difficile de poser des invariants, toujours problématiques conceptuellement, entre la représentation des Troyens blessés sur leur champ de bataille, des martyrs chrétiens et des souffrances ressenties par les personnages imaginés par des auteurs contemporains, il est néanmoins nécessaire d’étudier le phénomène d’aujourd’hui en se référant à des phénomènes passés afin d’en chercher les origines, et d’en comprendre les retentissements. Quel sens y a-t-il à offrir l’expérience de la souffrance en spectacle à un public qui, comparativement à des époques antérieures et à d’autres régions du monde, en est protégé ? Notre société semble d’un côté se prémunir contre tout risque de souffrance corporelle et de l’autre, paraît fascinée (ou outrée, ce qui peut se lire comme le déni d’une fascination) par le spectacle de cette souffrance. Ce colloque est disposé en deux journées d’études ouvertes, et différentes l’une de l’autre, afin d’en arriver à un essai de définition de la violence théâtrale, de son fonctionnement et de son impact supposé. ORGANISATION GENERALE DES DEUX JOURNEES : Christian Biet, Cécile Falcon, Julie de Faramond, Sara Harvey CONTACT : biet@u-paris10.fr

1. Le Corps souffrant sur la scène contemporaine Vendredi 3 avril 2009 10 h -18 h Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, Paris 75005 Salle Dussane

Organisation ANR Projet SETH Equipe d’Accueil HAR « Histoire des Arts et des Représentations », Paris Ouest-Nanterre Equipe d’Accueil « Formes et idées de la Renaissance aux Lumières », Sorbonne Nouvelle Paris 3 Centre de Recherche sur les Relations entre Littérature, Philosophie et Morale, ENS Ulm Equipe d’Accueil VALE (Voix Anglophones : Littérature et Esthétique), Paris IV-Sorbonne Département d’Histoire et Théorie des Arts, ENS Ulm le Théâtre de la Ville le Théâtre de l’Odéon A travers quatre exemples de l’actualité théâtrale : le théâtre de La Compagnie Jean-Michel Rabeux (Le Corps furieux, spectacle de la Compagnie Jean-Michel Rabeux, du 5 au 27 janvier 2009, MC93 Bobigny), le théâtre de Jan Fabre (L’Orgie de la tolérance, Théâtre de la Ville, du 31 mars au 4 avril), le théâtre de Howard Barker (Tableau d’une exécution, mis en scène par Christian Esnay à l’Odéon, du 26 mars au 11 avril), enfin les représentations de la jeune compagnie flamande Abattoir fermé, on s’interrogera sur la représentation du corps souffrant sur la scène contemporaine. Jean-Michel Rabeux, Jan Fabre, Christian Esnay et Stef Lernous (Abattoir fermé) seront présents pour réfléchir à la manifestation de la violence scénique performée (chorégraphiée, déclamée, stylisée, manièriste, néo-baroque, etc.) ou préalablement inscrite dans un texte qu’il s’agit de mettre en œuvre sur la scène même. En outre, les deux derniers spectacles mis en scène par Jean-Louis Martinelli (Kliniken de Lars Loren et, spectacle en cours aux Amandiers jusqu’au 11 avril Les Fiancés de Loches de Feydeau), représentent, chacun à leur manière, la souffrance psychique en milieu psychiatrique et convoquent le rôle du théâtre. Cette première journée se propose de réfléchir sur la représentation du corps (physique/psychique) souffrant en termes esthétiques (à quelles formes la représentation d’un tel objet s’articule-t-elle ?), mais aussi anthropologiques (à quelles attentes un tel phénomène répond-il ?). La problématique débordant la sphère esthétique, ce colloque se propose de l’examiner de manière transversale. Il est donc ouvert à des chercheurs en études théâtrales et arts du spectacle, ainsi qu’en d’autres disciplines des sciences humaines et sociales. Programme 10h-12h30 : État des lieux sur la question de la violence dans le théâtre contemporain avec Elisabeth Angel-Perez, Isabelle Beucher, Christian Biet, Cécile Falcon, Julie de Faramond, Violaine Heyraud, Carole Talon-Hugon 14h-16h : Violence théâtralisée et violence du verbe : comment, pour quoi faire ? avec Christian Esnay, Jan Fabre, Stef Lernous, Jean-Michel Rabeux, Christophe Triau, Karel Van Haesebrouck 16h15-18h30 : Le théâtre contemporain et la question de la catharsis : théorie, pratiques, effets. Table-ronde animée par Jean-Charles Darmon et Christian Biet avec la participation de Patricia Attigui, Denis Guénoun, Brigitte Jaques-Wajeman, Jean-Louis Martinelli, Philippe Mesnard, Frédéric Pellion

2. Textes, corps souffrants et histoire immédiate sur les scènes italiennes et françaises aux XVIe-XVIIe siècles Samedi 4 avril 10 h -18 h INHA, Institut National d’Histoire de l’Art, galerie Colbert, 2 rue de Vivienne, 75002 Paris Salle Vasari (1er étage)

Invité : Federico Doglio, Rome Organisation Projet ANR SETH Equipe d’Accueil HAR « Histoire des Arts et des Représentations », Paris Ouest-Nanterre Equipe d’Accueil « Formes et idées de la Renaissance aux Lumières », Sorbonne Nouvelle Paris 3 Equipe d’Accueil LECEMO/CIRRI (Centre interuniversitaire de Recherche sur la Renaissance italienne), Sorbonne Nouvelle Paris 3 Equipe d’Accueil Laboratoire d’Etudes Romanes. Paris 8 INHA La deuxième journée, samedi 4 mars salle Vasari à l’INHA (organisation Paris Ouest-Paris 3-ANR, Paris 3 Italien, Paris 8 Italien), portera sur la violence contemporaine transcrite dans le théâtre italien et le théâtre français des XVIe et XVIIe siècles. Elle s’intéressera donc à la mise en scène théâtrale de l’histoire immédiate aux XVI et XVIIe siècles. Cette journée sera aussi une occasion de rendre hommage à Federico Doglio, fondateur et directeur depuis 1976 du Centro Studi sul teatro medioevale e rinascimentale (Rome). Corpus Bragadino, tragédie de Valerio Fuligni (1579) La peste di Milano del 1630 (1632) Programme 10h-10h30 Présentation de Federico Doglio et de son Centre, le Centro Studi sul teatro medioevale e rinascimentale (par Françoise Decroisette et Corinne Lucas-Fiorato) 10h30-10h45 Présentation de La peste di Milano del 1630 (1632), par Stéphane Miglierina 10h45 -11h30 Diffusion des passages les plus importants, par rapport au thème — la violence discursive et scénique, la tragédie d’actualité — , de La Peste di Milano [choix anthologique] Pause 11h45-13h Commentaires de Federico Doglio sur la pièce et discussion. Les représentations des corps souffrants sur scène (calamités naturelles, maladie, violences infligées, etc.) Répondants : Françoise Decroisette, Corinne Lucas, Stéphane Miglierina, Fabien Cavaillé, Sybile Chevallier, Corinne Meyniel, Mathilde Bernard ------- 14h30-14h45 Présentation de Bragadino, tragédie de Valerio Fuligni (1579), par Charlotte Ostrovsky 14h45- 15h30 Diffusion des passages les plus importants, toujours par rapport au thème — la violence discursive et scénique, la tragédie d’actualité —, de Bragadino [choix anthologique] 15h 30-15h45 Commentaire de Federico Doglio sur la pièce Pause 16h-18h30 Discussion, d’abord sur Bragadino, puis sur l’histoire immédiate au théâtre, à partir des deux exemples dramaturgiques proposés Répondants : Françoise Decroisette, Corinne Lucas-Fiorato, Charlotte Ostrovsky, Marie-Madeleine Fragonard, Christian Biet, Charlotte Bouteille-Meister

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