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Afghanistan, Ouzbékistan, Iran

« [L]e théâtre est un géant qui blesse à mort tout ce qu’il frappe » affirme Beaumarchais dans sa préface au Mariage de Figaro. Éminemment politique, le théâtre peut être une arme de dénonciation du pouvoir en même temps qu’un espace de construction du collectif. Il est une menace contre l’autorité en place quand cette dernière craint la liberté de parole. Dans les pays soumis à des régimes autoritaires et des pressions idéologiques, il devient un espace d’expression des libertés individuelles, toujours en lutte. À travers l’exemple de trois pays voisins géographiquement, mais aux histoires et cultures différentes, nous aborderons cette question du théâtre comme lieu de résistance. En Afghanistan, le problème des différentes guerres subies redouble celui des régimes politiques, en particulier celui des talibans, hostiles à toute représentation théâtrale, dont les idées restent encore prégnantes dans certaines régions. Comment le théâtre peut-il survivre ou réapparaître dans ce pays ? Le questionnement est différent pour l’Iran, puisqu’il s’agit là, avec une très riche tradition spectaculaire traditionnelle et contemporaine, de déjouer la censure imposée par le régime religieux de la république islamique. En Ouzbékistan, le régime est laïc, mais cette ancienne république soviétique est gouvernée par le président Karimov qui exerce un pouvoir autoritaire, hostile à l’occidentalisation. Dans tous ces pays, faire du théâtre et aller au théâtre relève d’un acte de résistance. Par ailleurs, les puissances occidentales ont compris l’intérêt du théâtre comme facteur de démocratisation. En Afghanistan et Ouzbékistan, le théâtre est donc aidé financièrement par des fondations privées, et par les centres culturels de différents pays, dont la France. Son développement du théâtre devient un enjeu dans la reconstruction des sociétés civiles et c’est alors sa dimension pédagogique qui est exploitée. Ainsi instrumentalisé, le théâtre peut-il malgré tout voir l’émergence de nouvelles formes esthétiques ? Ces interrogations recoupent donc plusieurs champs : les sciences politiques, la sociologie, l’esthétique, les études théâtrales. Les projections de films documentaires, les témoignages d’artistes et les interventions de spécialistes, familiers du terrain, permettront de mieux cerner une réalité méconnue et extrêmement complexe, en permanente évolution. Le but de cette journée d’étude est bien d’ouvrir de nouveaux terrains de recherche.

PREMIERE PARTIE Salle DUSSANE 14h-18h30 Afghanistan et Ouzbékistan : le théâtre, facteur de reconstruction ?

• 14h : Introduction, Cécile Falcon (ENS).

• 14h20 : Projection de « Afghanistan : la reconstruction par le théâtre », un film documentaire d’Alexandra Paraboschi, 2008. Durée : 52 mn. Les artistes afghans confirmés ainsi que la jeune génération portent le théâtre de leur temps avec ardeur. Dans le sud du pays, à Kandahar, province toujours sous l’influence des talibans, des hommes et des femmes risquent leur vie en jouant au théâtre. Pour eux, le théâtre est plus qu’un art, c’est un vecteur de paix.

•15h15 : Table ronde animée par Cécile Falcon avec Alexandra Paraboschi, Guilda Chahverdi, Olivier Guillaume (ancien conseiller culturel auprès de l’ambassade de France à Kaboul), Jean-Pierre Thibaudat.

• 16h30 : Pause

• 17h : « Le Théâtre du Soleil à Kaboul et la Compagnie Aftaab ». Table ronde avec la compagnie Aftaab, Hélène Cinque et Shaghayegh Beheshti (Théâtre du Soleil), Sara Roger (Paris III).

• 18h-18h30 : Simon Tordjman (CERI/Scinces-Po) : « Le théâtre dans la construction de la société civile en Ouzbékistan. L’exemple du théâtre Ilkhom ».

 

DEUXIEME PARTIE Amphithéâtre RATAUD 20h-23h Iran : la création théâtrale face à la censure

20h - 21h30 • Projection de Shah Sanam ou Les chevaux du ciel tombent en pluie de poussière (France – Iran) 2008 - Durée : 95 mn, un film documentaire de Tinouche Nazmjou.

Une actrice française se rend en Iran pour jouer une pièce de théâtre en bilingue face à un acteur iranien. Elle découvrira pour la première fois ce qu’est la censure du gouvernement islamique sur scène. Elle n’aura pas le droit de toucher son partenaire. Face à toutes ces injustices et cette situation absurde, un seul mot revient sans arrêt : « Pourquoi ? ».

21h30 - 23h •Table ronde avec Zahra Amirebrahimi (comédienne iranienne),Liliane Anjo (EHESS), Leïli Anvar (INALCO),Parisa Pajoohandeh (metteur en scène iranienne), Tinouche Nazmjou (comédien, metteur en scène, traducteur iranien).

<p>projection en salle Dussane le 26 mai 2009, entrée libre à 14h.</p>
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