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Programme des conférences de Madame Johanne Lamoureux

Johanne Lamoureux est professeur titulaire au département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal. Commissaire d’exposition, elle a récemment publié (avec Charlie Hill et Ian Thom) Emily Carr : New Perspectives (National Gallery of Canada/Douglas & McIntyre:2006). Elle est aussi l’auteur de Profession : Historienne de l’art (Presses de l’Université de Montréal:2007) et (avec Olivier Asselin et Christine Ross) Precarious Visualities. Identification in Contemporary Art and Culture (McGill Queens University Press : 2008). Elle dirige la revue Intermédialités.


Viande et Modernité


Lundi 23 mars 2009  :

Le travail de la viande : l’ouvrier, la bête et la machine

 

 Etude de deux topoi qui, dans l’entre-deux-guerres, traversent une série pluri-disciplinaire de représentations culturelles et établissent le travail de la viande comme emblème de la modernité industrielle en régime capitaliste : le corps morcelé (du travailleur et de la bête) et le travailleur digéré par la machine. Le corpus réunit des oeuvres d’Upton Sinclair, Sergei Eisenstein, Bertolt Brecht, Charlie Chaplin et Hergé.

De 11h à 12h30, en salle des Résistants (1er étage, couloir A-B). Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

 

Lundi 30 mars 2009

De quelques usages pédagogiques de la viande : degré zéro et fonction apotropaique.

 

 Dès 1865, dans le contexte des débats esthétiques autour du réalisme puis du naturalisme, deux usages opposés de la viande en soulignent la valeur exemplaire : Thomas Couture installe son peintre réaliste sur une tête antique alors qu’il est occupé à peindre une tête de cochon et Pierre-Paul Prudhon illustre ses thèses sur l’enchevêtrement de l’idéalisme et du matérialisme avec l’exemple de la reproduction photographique d’un quartier de boeuf. L’un évoque la valeur de choc de son référent ; l’autre en défend l’exemplarité par le fait que l’image ainsi produite se situe "un degré au-dessus de zéro". 

Tour à tour objet répulsif ou matière neutre, inerte, investie selon le parti-pris du regardeur, le champ qui s’ouvre alors autour de l’exemplarité de la viande n’a pas cessé d’être élaboré par la production et la réception artistiques du XXe siècle. On étudiera dans cette perspective le rôle que Lovis Corinth attribue à l’abattoir comme contrechamp de l’Académie des beaux-arts, aussi bien que celui qu’Eli Lotar ou André Masson cherchent à lui faire jouer suite à leur visite de La Villette en 1929 ; on verra que la photographie de presse (1991) peut dénoncer, à travers une "robe de viande" (Vanitas de Jana Sterbak), les dangers auxquels l’art contemporain expose la jeunesse et qu’une carcasse de boeuf peinte par Soutine peut devenir dans une salle de classe d’histoire de l’art l’arme redoutable d’une apprentie-professeur et incarner l’emblème d’une nouvelle histoire de l’art (Mona Lisa Smile : 2005). La viande et l’abattoir déterminent dans la production culturelle du XXe siècle un terrain d’apprentissage inattendu dont les leçons varient.

 

De 11h à 12h30, en salle des Résistants (1er étage, couloir A-B). Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

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